Vulgarisation d'un concept de cours : La prolétarisation

D'après la définition Larousse, le prolétaire est une "personne qui ne peut attendre de ressources que de la rémunération que lui alloue celui auquel il loue ou vend sa force de travail".

Cette notion de prolétariat est cruciale pendant l’essor du machinisme. En effet, cette ère amène une nouvelle vision de l’ouvrier. Il s’agit d’une main d'œuvre pauvre et facilement remplaçable. Ils sont regroupés dans des villes autours des industries, séparés du reste de la société, et ne possèdent rien. Ces ouvriers n’ont aucune fortune a part leur force de travail et leur progéniture. Par conséquent, on peut considérer que ce sont des prolétaires qui deviennent soumis à leur travail inintéressant et rébarbatif. Ils sont obligés de vendre leur main d’œuvre et d'effectuer un travail qui ne nécessite aucune réflexion c'est ce qu'on appelle la prolétarisation.

En effet, d'après la définition du cours de WE01, la prolétarisation est d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser). Cette prolétarisation est forcée par le capitalisme qui amène à augmenter l’efficacité à son maximum sans réellement comprendre les tâches effectuées.

Le web, outil arrivé récemment dans nos vies, va ouvrir la porte à de nouveaux métiers, eux aussi victime de la prolétarisation. Les différentes techniques de travail vont être chamboulées mais vont garder des similitudes avec les travaux à la chaîne du taylorisme. Par exemple, des personnes vont avoir accès à des "micros tâches moyennant de micro-salaires" [1] mais restant inintéressant et rébarbatif.

Depuis quelques années, avec l'arrivée de l’IA, une nouvelle sorte de prolétarisation voit le jour. En effet, de plus en plus les salariés modernes ne font que poser des questions aux Intelligences artificielles et utilisent directement les résultats donnés. Ils ne réfléchissent plus. Ces consommateurs sont alors privés de leur savoir-faire et deviennent esclaves des intelligences artificielles. Ils sont de nouveau considérés comme une main-d'œuvre remplaçable pour manipuler les IA.

De plus, la production des IA va aussi être impliquée dans la prolétarisation. Dans la même idée que les personnes effectuant des micro-tâches sur le web, ces travailleurs réalisent un travail "nécessaire de production, d’annotation et de tri des données qui constituent le carburant de l’intelligence artificielle" d'après Antonio A. Casilli, professeur de sociologie à Télécom Paris, spécialiste des ouvriers du clic (qui sont ces fameux travailleurs de l'ombre). Marie-Amélie Carpio, rédactrice de l'article [2], en va même à les décrire comme des "nouvelles masses laborieuses, invisibles et vouées à une précarisation extrême". Ces termes font écho à la définition même de la prolétarisation.



Homme étant prolétaire de la société


















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[1] : source ici
[2] : source ici


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