Le scandale de Cambridge Analytica


Par Blanc Armelle, Bardelang Gurvan, Declomesnil Méline et Schaflang Nicolas


Sommaire

  1. Introduction
  2. Présentation de Cambridge Analytica
    1. Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?
      1. Histoire de l'entreprise
      2. Les services de Cambridge Analytica
    2. Sur quelle méthode s'appuie-t-elle?
    3. A qui vend-elle ses services?
    4. Quelle place dans la sphère politique?
  3. Le scandale
    1. Les faits reprochés et la tourmente
    2. Réactions au scandale
    3. Conséquences du scandale
  4. Une histoire de protection des données et de morale
    1. La manipulation algorithmique
    2. Menace pour la démocratie
    3. La protection de la vie privée
  5. Conclusion
  6. Bibliographie

Introduction

En 2018, un scandale éclate. Lors de l'élection américaine de 2016, Donald Trump aurait utilisé les services d'une entreprise nommée Cambridge Analytica afin de cibler certains profils sur les réseaux sociaux dans le but de influencer la campagne électorale. Cependant, les nombreuses données utilisées représentant des millions de profils auraient étaient récupérées illégalement. Ainsi, on peut se poser la problématique suivante : dans quelle mesure le scandale de Cambridge Analytica a-t-il remis en question les pratiques éthiques en matière de collecte et d'utilisation des données personnelles, et quelles sont les implications de ce scandale sur la protection des données, la vie privée et la démocratie dans la société contemporaine ?

Présentation de Cambridge Analytica

Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?

Histoire de l'entreprise

Cambridge Analytica était une société britannique basée à Londres fondée en 2013 proposant des conseils politiques et des services de traitement des données, sa devise étant même « Data drives all we do ». Elle fait faillite en mai 2018 suite aux scandales du recueillement de données illégal de 50 millions d'utilisateurs Facebook et du rôle que la société a joué lors de l'élection américaine de 2016. [1]


Les services de Cambridge Analytica

Cambridge Analytica était un "Data Broker", une société dont le rôle est l'achat, le traitement et la vente de données. Plus présisément, Cambridge Analytica propose l'analyse de données massive provenant de différentes sources, y compris des données démographiques, des données comportementales en ligne, des activités sur les réseaux sociaux... La quantité de données existantes est soulignée par Joe Westby, stratège en droit numérique et chercheur à l'université d'Oxford qui dira "Google et Facebook ont amassé dans leurs entrepôts de données un volume sans précédent d’informations sur les êtres humains. Ces données ne sont pas limitées à celles que vous choisissez de partager sur leurs plateformes, mais incluent les énormes quantités d’informations de suivi générées dès lors que vous interagissez avec le monde numérique." [9]. Ces analyses de données étaient utilisées pour comprendre les tendances, les préférences et les comportements des utilisateurs à l'aide de l'intelligence artificielle. Avec des données diverses et parfois sans relation directe, ce type d'algorithme serait capable de déterminer des caractéristiques telles que la religion, l'opinion politique ou encore l'orientation sexuelle. Ces prédictions sont ensuite utilisées pour réaliser un microciblage[9][10]. En plus de l'analyse et du profilage, l'entreprise proposait également des conseils politiques comprenant des stratégies de communication, des conseils sur la forme des messages politiques et des recommandations sur comment engager les électeurs. Pour ce faire, l'entreprise proposait des outils tels que Siphon, un outil d'analyse de l'efficacité des publicités en lignes, Validity, un service de sondage d'opinion à grande échelle, Data Models, un catalogue de types d'électeurs et de consommateurs à l'issue du profilage ou encore Custom Data Manipulation, un programme permettant la visualisation des centres d'intérêt et des opinions d'un public étudié [1]. Ainsi, son objectif est clair: faire du profit en proposant d'influencer le comportement d'une population à l'aide du microciblage et de la psychologie.


Sur quelle méthode s'appuie-t-elle?

Les données acquises par Cambridge Analytica étaient exploitées afin de profiler, construire une catégorisation des différents utilisateurs, notamment grâce à l'intelligence artificielle. Christopher Wylie, employé au moment des faits, dira même au journal Guardian “Nous avons exploité Facebook pour récolter les profils de millions de gens. Nous avons ensuite construit un modèle pour exploiter ce que nous savions d'eux et ciblé leurs démons intérieurs. C'était la base sur laquelle l'entreprise était construite.” [8]. Ainsi, les aspirations de Cambridge Analytica étant politique, les profils construits avaient pour but de définir les personnes pouvant être influencées par une campagne et définir quels groupes étaient à viser en priorité. Effectivement, un voteur convaincu n'a pas besoin d'être influencé s'il vote en faveur du parti. Cependant, un voteur convaincu votant pour l'opposition ne peut être influencé avec une simple pub. Cambridge Analytica intervient donc pour définir le spectre de gens à influencer parmi ses millions de profils analysés et sur quoi se baser pour influencer ces derniers. Enfin, Cambridge Analytica propose une campagne de pub personnalisée pour des utilisations politiques ou non sur les différentes applications [1], [8].


A qui vend-elle ses services?

La spécialisation en politique de Cambridge Analytica mène l'entreprise à centrer son activité sur les campagnes politiques. Cambridge Analytica affirme avoir servi des campagnes politiques de toute taille et de tout spectre idéologique [1]. Cependant, la majeure partie de l'entreprise appartenait à Robert Mercer, principal donateur du républicain Ted Cruz, montrant un potentiel biais envers le parti républicain. De plus, il est important de noter que la quasi-totalité des clients importants de l'entreprise était issue du parti républicain tel que Ben Carson, Ted Cruz ou encore Donald Trump [1]. Il est cependant important de noter que l'utilisation de pratique similaire à Cambridge Analytica n'est pas rare. Barack Obama, par exemple, avait utilisé une stratégie similaire (sans utiliser les services de Cambridge Analytica), en récoltant et utilisant légalement les données Facebook de ces partisans de l'élection de 2008. Ces données étaient utilisées pour inciter le groupe de ces personnes hésitantes à voter une nouvelle fois pour Barack Obama. Ainsi, contrairement à la campagne de Donald Trump de 2016, les données ont été récoltées en toute légalité via une application externe comme le dit Rayid Ghani, référent scientifique pour la campagne Obama 2012 "Dans notre cas, nous n'avons ni acheté ni accédé à des données sur des profils Facebook qui étaient collectés pour d'autres raisons. Nous avons explicitement demandé à nos partisans de nous donner la permission (par les protocoles standards de Facebook) d'accéder à leurs données."[11]. Étant dans un cadre légal, sur une population moindre et pouvant paraître "plus éthique", les gens concernés ayant donné leurs accords, le scandale de Cambridge Analytica que nous détaillerons plus tard éclipse totalement ce genre d'événements. Enfin, Cambridge Analytica étant un "Data Broker", il ne faut pas exclure la possibilité que l'entreprise est vendue ces données produites à d'autres acteurs (plateforme, GAFAM, gouvernement, laboratoires...).


Quelle place dans la sphère politique?

Cambridge Analytica a joué un rôle majeur dans de nombreuses campagnes électorales à travers le monde. Selon Alexander Nix, l'ancien PDG, l'entreprise a participé à plus de 200 campagnes électorales. L'une de ses interventions les plus notables a eu lieu lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Engagée par l'équipe de Donald Trump, Cambridge Analytica a utilisé des données personnelles collectées sans consentement pour créer des profils psychographiques détaillés des électeurs. Ces profils ont ensuite servi à envoyer des messages politiques personnalisés pour influencer le comportement de vote. Les services de Cambridge Analytica étaient très recherchés en raison de leur efficacité perçue dans la manipulation de l'opinion publique. L'influence de Cambridge Analytica ne se limitait pas aux États-Unis. L'entreprise a également été impliquée dans le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, travaillant pour des groupes favorables à la sortie de l'Union européenne. Elle a également fourni ses services à diverses campagnes politiques en Europe, en Afrique et en Amérique latine, contribuant à des résultats électoraux souvent controversés et polarisants. Cette implication globale de Cambridge Analytica dans la sphère politique a soulevé des inquiétudes quant à l'intégrité des processus démocratiques. En utilisant des méthodes de manipulation psychologique pour influencer les électeurs, l'entreprise a compromis la transparence et l'équité des élections.



Le scandale

Les faits reprochés et la tourmente

En 2018, le scandale lié aux pratiques de la société de conseil politique « Cambridge Analytica » éclate. Ce scandale révèle la collecte et l'utilisation non autorisées de données personnelles d'utilisateurs de Facebook.

Pour obtenir ces données à des fins de profilage psychologique et de microciblage, la collaboration avec la société « Global Science Research » a permis de récupérer les données des gens effectuant le quiz le personnalité « This Is Your Digital Life » sur Facebook ainsi que celles de leurs amis. Le test comprenait une série de questions mesurant des traits de personnalité tels que l'ouverture à l'expérience, la conscience, l'extraversion, l'agréabilité et le névrosisme. Les utilisateurs qui installaient l'application donnaient leur consentement pour la collecte de leurs données, mais l'application recueillait également des informations sur leurs amis Facebook sans leur consentement.

Cette collecte incluait les profils publics, les mentions « J'aime », les listes d'amis, les informations de contact et les publications des utilisateurs et de leurs amis. Cela a permis de créer des profils détaillés incluant les préférences, les intérêts et les comportements en ligne des utilisateurs, facilitant la diffusion de publicités et de messages politiques conçus pour influencer les attitudes et les comportements des électeurs en jouant sur leurs émotions et leurs traits de personnalité identifiés par le test.

Le journaliste William Audureau, travaillant pour "Le Monde" déclare que la chaîne britannique Channel 4 a également révélé que les pratiques de Cambridge Analytica incluaient la diffusion volontaire de fausses informations et de l'espionnage d'adversaires politiques.

Le scandale prend d'autant plus d'ampleur avec l'utilisation des services de Cambridge Analytica par Donald Trump durant l'élection présidentielle de 2016, Trump versant près de 6 millions à l'entreprise pour la « gestion de données » et les « services de gestion de données ».

Le rôle exact de Cambridge Analytica dans la victoire de Donald Trump est difficile à quantifier, mais leurs techniques de microciblage et l'utilisation intensive des données ont permis à sa campagne de mener des opérations de communication et de mobilisation très sophistiquées et personnalisées, influençant potentiellement de manière significative sa victoire en 2016.


Réactions au scandale

Les réactions au scandale Cambridge Analytica ont été nombreuses, émanant des gouvernements, régulateurs, entreprises technologiques, médias et du public.

Le scandale a provoqué une indignation généralisée et une érosion significative de la confiance du public envers Facebook et les réseaux sociaux en général. "Du côté des publics, il y a peu d’études consacrées à leurs réactions"(Open edition journal, L’affaire Cambridge Analytica sur Twitter : résignation ou résistance face à la surveillance numérique ?). Cependant, des mouvements comme #DeleteFacebook ont émergé, incitant les utilisateurs à supprimer leurs comptes en signe de protestation. Cependant, ce mouvement n’a pas réussi à contrecarrer la domination de Facebook, les utilisateurs étant confrontés au dilemme de choisir entre accepter la violation de leurs données personnelles ou quitter la plateforme. Selon Mills (2020), cette situation reflète le capitalisme des plateformes, où les utilisateurs sont désavantagés par le modèle de troc. Laura Calabrese et Camila Pérez Lagos notent que ce système de troc crée un paradoxe de la vie privée, une servitude volontaire difficile à combattre en raison du déséquilibre des forces.

Les médias du monde entier ont couvert l'affaire de manière intensive, menant des enquêtes approfondies sur les pratiques de Cambridge Analytica et l'utilisation des données personnelles dans les campagnes politiques, soulignant les dangers de la collecte et de l'utilisation non autorisée de données.

Cambridge Analytica a d'abord tenté de nier les accusations, affirmant que les données avaient été obtenues légalement et n'avaient pas été utilisées pendant la campagne présidentielle de 2016. En revanche, Facebook a présenté des excuses publiques, reconnaissant des erreurs et s'engageant à mieux protéger les données de ses utilisateurs.


Conséquences du scandale

Ce scandale a engendré d'importants changements dans la réglementation mondiale sur la protection des données et a sensibilisé davantage le public aux questions de confidentialité et de sécurité des données en ligne. Il a également influencé les réglementations de l'industrie technologique. Par exemple, Facebook a révisé ses politiques de confidentialité, restreint l'accès des développeurs aux données des utilisateurs et introduit de nouveaux outils permettant aux utilisateurs de mieux contrôler et comprendre l'utilisation de leurs données personnelles. Cette réaction a incité d'autres entreprises à réévaluer leurs pratiques en matière de protection des données afin d'éviter des situations similaires.

Le scandale a accéléré l'adoption de réglementations plus strictes concernant la protection des données personnelles au niveau gouvernemental. L'Union européenne a mis en place en 2018 la règlementation RGPD visant à renforcer et à harmoniser la protection des données personnelles au sein de l'UE. Cette réglementation représente une avancée majeure en établissant des normes élevées de transparence, de sécurité et de respect des droits des individus.

Le scandale Cambridge Analytica a été un moment décisif dans la prise de conscience collective des enjeux liés à la protection des données personnelles et à l'utilisation éthique de la technologie dans les campagnes politiques et publicitaires. Il a entraîné une évolution des attitudes et des politiques en matière de protection des données et de vie privée en ligne, mettant en lumière les défis et les risques associés à la technologie dans notre société moderne, tout en offrant des opportunités d'améliorer les pratiques et de promouvoir une utilisation plus responsable de la technologie. Ce scandale a souligné l'importance de la confidentialité des données, de la transparence dans leur utilisation, de la responsabilité des entreprises, de la surveillance et de la réglementation, ainsi que de la nécessité d'éduquer et de sensibiliser les utilisateurs aux risques liés à la protection des données et à la vie privée en ligne.


Une histoire de protection des données et de morale

L'affaire Cambridge Analytica révèle des failles profondes dans les pratiques éthiques de l'entreprise, notamment en matière de respect de la vie privée, de consentement informé et de manipulation psychologique. L'acceptation de ces pratiques douteuses par les membres de Cambridge Analytica et par la société en générale souligne un manque de vigilance éthique. Ce n'est que par l'éclatement du scandale que l'ampleur des violations a été exposée.

La manipulation algorithmique

La manipulation algorithmique est une menace omniprésente dans notre ère numérique. Les pratiques de Cambridge Analytica en sont un exemple frappant. Leur utilisation d'algorithmes sophistiqués pour collecter et exploiter les données des utilisateurs de Facebook a soulevé des préoccupations majeures quant à la manipulation psychologique.

Une des pratiques les plus controversées de Cambridge Analytica était le ciblage des individus jugés "sensibles" et influençables. En analysant les données des utilisateurs, les algorithmes pouvaient identifier ceux les plus susceptibles de changer d'opinion ou d'être influencés par des messages émotionnels. Par exemple, une personne ayant des troubles émotionnels pourrait recevoir des messages alarmants sur des sujets de sécurité nationale, conçus pour provoquer une forte réaction émotionnelle et influencer son comportement électoral.

Le documentaire "The Great Hack" met en lumière l'étendue de cette manipulation comportementale, révélant que Cambridge Analytica avait collecté jusqu'à 5 000 points de données par électeur américain. Cette pratique leur permettait de réaliser des analyses comportementales détaillées, influençant ainsi le comportement électoral par le biais de messages microciblés. Cette capacité à manipuler les opinions politiques de manière précise et à grande échelle souligne les risques de l'économie des mégadonnées (Big Data) et du "capitalisme de surveillance", comme décrit par Shoshana Zuboff.

Pour se protéger contre de telles pratiques, il est crucial d'être conscient de la manière dont nos données sont collectées et utilisées. Limiter l'exposition de nos informations personnelles en ligne et être sceptique face aux messages émotionnels et sensationnalistes peuvent contribuer à réduire notre vulnérabilité à la manipulation algorithmique. En fin de compte, il est essentiel de promouvoir une culture de la vigilance et de l'éducation numérique pour permettre aux citoyens de prendre des décisions éclairées dans un monde numérique en constante évolution.


Menace pour la démocratie

L'impartialité et la transparence des algorithmes est essentielle pour préserver l'intégrité des processus démocratiques, qui reposent sur des débats ouverts et informés, ainsi que sur le respect des choix autonomes des électeurs.

Les pratiques de profilage et de manipulation émotionnelle menées par Facebook et d'autres géants technologiques soulèvent des questions urgentes quant à la compatibilité de ces méthodes avec les droits humains. La révélation de la manipulation comportementale dans le documentaire "The Great Hack" met en lumière la façon dont ces technologies peuvent être exploitées pour influencer les comportements électoraux et accentuer la polarisation des opinions.

De plus, la propagation de fausses informations à travers le microciblage a des conséquences dévastatrices sur le débat public et la cohésion sociale. Les fausses informations ont tendance à être plus facilement acceptées et partagées par ceux qui sont déjà enclins à y croire, renforçant ainsi les divisions et la polarisation de notre société.

Les événements associés à Cambridge Analytica soulignent l'importance cruciale de surveiller et de réglementer l'utilisation des données et des algorithmes dans le domaine politique. Les entreprises doivent être tenues responsables de leurs pratiques, et des mécanismes de contrôle doivent être mis en place pour garantir que les technologies numériques respectent les droits des individus et soutiennent des processus démocratiques justes et équitables. En tant que citoyens, nous devons rester vigilants et exiger des mesures concrètes pour protéger nos choix et nos valeurs fondamentales.


La protection de la vie privée

La protection de la vie privée est devenue un enjeu crucial à l'ère numérique, où les données personnelles sont collectées, analysées et utilisées à grande échelle.

L'affaire Cambridge Analytica représente un cas emblématique des dangers liés à la manipulation algorithmique et à l'atteinte à la liberté d'opinion. Les données personnelles ont été collectées sans que les utilisateurs en soient conscients, ni qu'ils sachent comment elles seraient exploitées pour du profilage et du microciblage.

Cette collecte sans consentement éclairé constitue une violation de la vie privée et de l'autonomie des individus exploitant potentiellement leurs vulnérabilités psychologiques à des fins politiques ou commerciales.

En outre, Cambridge Analytica a manqué de transparence sur ses méthodes de collecte et d'utilisation des données. Ce manque de transparence limite également la responsabilité des entreprises, compromettant ainsi la confiance du public.

Cette intrusion dans la vie privée des utilisateurs est éthiquement problématique, car elle compromet leur autonomie et leur droit à la confidentialité et met en lumière les risques éthiques et les implications sociétales de l'exploitation des données personnelles sans consentement éclairé. Pour les citoyens, cela souligne l'importance de comprendre comment leurs données sont collectées, utilisées et protégées, et de faire des choix éclairés lorsqu'ils partagent leurs informations en ligne.


Conclusion

En conclusion, le scandale de Cambridge Analytica a profondément remis en question les pratiques éthiques en matière de collecte et d'utilisation des données personnelles. Cet événement a mis en lumière les failles importantes dans la régulation de la protection des données et a démontré comment des informations privées peuvent être exploitées à des fins de manipulation politique et commerciale. Il a également souligné l'importance cruciale de la transparence et de la responsabilité des entreprises technologiques dans la gestion des données des utilisateurs.

De plus, il a incité des réformes législatives et la mise en place de régulations plus strictes, comme le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en Europe. Troisièmement, il a soulevé des questions sur l'intégrité des processus démocratiques, montrant comment des entités peuvent influencer l'opinion publique et les résultats électoraux par des méthodes peu éthiques.

Face à ces enjeux, il est impératif de maintenir une vigilance continue en matière de protection des données et de vie privée dans l'ère numérique. Les utilisateurs doivent être éduqués sur leurs droits et les risques, et les entreprises doivent adopter des pratiques de collecte et de gestion des données transparentes et éthiques. Les régulateurs, de leur côté, doivent continuer à adapter et renforcer les cadres législatifs pour répondre aux évolutions technologiques rapides.

En ouverture, l'exemple du Brésil en 2023 illustre la pertinence et l'actualité de ces préoccupations. Le scandale impliquant des fuites massives de données personnelles et leur utilisation à des fins politiques montre que les leçons de Cambridge Analytica sont encore d'actualité.


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